vendredi 30 octobre 2015

Congrès-expo Sim: adieu Mons, bonjour Grenoble

Le 64e Congrès exposition de la Sim (Société de l'industrie minérale) à Mons, chef-lieu de la province du Hainaut (B), du 20 au 23 octobre dernier, a connu un grand succès. Le congrès a rassemblé des centaines de personnes durant huit réunions thématiques qui portaient sur des sujets d’actualité.L’exposition a réuni plus de 280 exposants. Environ 4 000 personnes se sont rencontrées pour l’évènement principal du secteur des carrières, des mines et du recyclage qui concerne la France, la Belgique et le monde francophone.
Le prochain Congrès exposition, dont on trouvera ci-contre le pré-programme, se déroulera du 11 au 14 octobre 2016 à Grenoble (Isère).
En attendant, voici ci-dessous un aperçu en images du congrès montois...

mardi 7 avril 2015

Une nouvelle WA800 chez Lafarge à Port-la-Nouvelle

NB: Un article plus complet sera publié dans un prochain numéro du mensuel Mines & Carrières (www.lasim.org)

À la carrière de la cimenterie Lafarge de Port-la-Nouvelle, dans l’Aude, une WA800 chasse l’autre. En effet, un nouvel exemplaire de cette grosse chargeuse Komatsu vient d’arriver sur site tandis que l’ancienne, avec ses 28 000 heures au compteur, continue son service, toujours chez Lafarge, mais à St-Pierre-la-Cour, en Mayenne.

Maillon indispensable

Le site de Port-la-Nouvelle a été ouvert en 1971. Il a la chance de disposer à la fois des gisements de calcaire et de schistes (pour la silice) nécessaires à la fabrication du ciment dans l’usine située en contrebas. La carrière est autorisée à extraire 1,5 millions de tonnes de calcaire et de schistes par an pour la production de ciment. Pour le calcaire, les tirs fournissent un 0/800 qui est repris par la chargeuse WA800 qui l’achemine vers un gros concasseur primaire Krupp sur chenillard. Ce dernier, qui en fait n’est déplacé que de quelques dizaines de mètres environ tous les deux ans, produit, à raison de 800 tonnes/heure, un 0/80 dont une partie, destinée au "calcaire cuit", est criblée pour donner un 0/20 et un 20/80.
Ainsi, on comprend bien que la grosse chargeuse est un maillon essentiel de la chaîne de production du site.
La WA800 à l'alimentation du primaire (c) EMD
Une première WA800 avait été mise en service dans la carrière de Port-la-Nouvelle il y a un peu plus de dix ans en 2003. Machine essentielle à la production, son compteur affichait 28 000 heures et son remplacement à ce poste clé devenait nécessaire. Le choix pour la remplacer s’est finalement porté sur… une autre WA800. Celle-ci, modèle 2014, porte le doux nom de WA800-3E0. C’est une machine de 104 tonnes animée par un moteur développant 865 ch. pour une force d’arrachage de 69 000 kgf. Elle est équipée d’un bras standard avec positionneur de godet et interrupteur de fin de course réglé par le conducteur. Au poste de commande, pas de volant mais, à main gauche, un joystick pour les commandes de déplacement et, à main droite, les deux manipulateurs (électriques) de bras et de godet.
Le godet, justement, a été réalisé en acier SSAB Hardox HiTuf par l’entreprise verdunoise IEV.  Il s’agit d’un godet de type "HD carrière" avec une lame semi-delta, d’une contenance de 12 300 litres (avec dôme). La machine est en outre équipée d’un système de pesage embarqué Ascorel MC402. Il est aussi à noter que la chargeuse reçoit à l’arrière un contrepoids additionnel de 700 kg pour une meilleure stabilité.

Nouvelle monte

La machine reçoit des pneus Bridgestone 45/65R45 VSDL**D2ALS spécialement conçus pour ce type de machine et garantis théoriquement pour 4 000 heures. L’ancienne WA800 était quant à elle chaussée en Michelin et, au dire des responsables du site, les enveloppes ne résistaient pas au-delà de 2 500 heures en raison notamment de l’échauffement.
Autre option particulièrement appréciée par le responsable de la carrière, la plate-forme sécurisée placée à l’avant de la cabine qui permet non seulement de passer du côté gauche au côté droit du poste de conduite sans avoir à redescendre mais aussi de nettoyer les vitres sans avoir recours à des balais bricolés avec de longs manches ou à des manœuvres acrobatiques. En outre, à écouter les conducteurs, le bastingage, situé juste devant le pare-brise, ne semble pas perturber la vision ni la conduite.
Enfin, pour cette machine vitale à la production, le suivi par satellite s’avérait indispensable pour éviter des arrêts particulièrement pénalisants.
Bref, la nouvelle chargeuse semble parée de nombre de vertus qu’il restera à vérifier sur le terrain. Alors, comme dans la chanson, on se dit rendez-vous dans dix ans pour voir si la deuxième génération de WA800 a rempli son contrat ? Quant aux conducteurs de la carrière, vu leur large sourire, la "nouvelle" semblait leur procurer un réel plaisir… et cela aussi compte dans le potentiel d’une machine.


Éric Massy-Delhotel

mercredi 18 mars 2015

Intermat : JCB ne fait pas salon

Le constructeur britannique aime la France mais, pour l’édition 2015 d’Intermat, c’est « No thank you ». En effet, JCB préfère consacrer les sommes ainsi économisées à engager des actions de promotions beaucoup plus ciblées… en attendant une reprise du marché.

« Le marché français est très important à nos yeux mais, cette année, nous avons pris la décision de souligner notre présence en France de manière différente ». Ainsi s’exprimait mi-mars, au siège de JCB à Rocester, Tim Burnhope, patron "innovation et croissance" du groupe. Autrement dit, cela signifiait clairement que le constructeur britannique avait décidé, tout comme Caterpillar, de ne pas être présent à Intermat en 2015, imitant ainsi son grand cousin des Amériques. Et Tim d’ajouter que l’équivalent du budget consacré à un tel salon mais réparti sur l’ensemble de l’année allait permettre au groupe de partir à la rencontre de ses clients hexagonaux et ceci de manière beaucoup plus efficace.

Un marché pâlichon

Une gamme lourde qui s’améliore de plus en plus
mais qui ne devrait pas prendre de poids [EMD]
Cette absence est-elle la conséquence d’une année 2014 en demi-teinte ? Pas directement selon ce responsable mais tout de même… En effet, si les résultats en Grande-Bretagne, avec +29 %, et en Allemagne, +10 %, sont plutôt réjouissants, les camarades chinois, indiens, brésiliens et russes, avec respectivement -17, -15, -18 et -27 %, n’ont pas contribué à la bonne humeur des représentants de la marque.
Et la France dans ce tableau peu coloré ? Elle s’est maintenue, si l’on ose écrire, avec un chiffre d’affaires en progression… de 0 %. Mais l’Hexagone est une sorte d’astre singulier dans la galaxie JCB. Comme le rappelle à juste titre Tim Burnhope, notre pays a été la première "terre de mission" de l’entreprise dans les années 60-70 et demeure un marché qu’il n’est absolument pas question de négliger.
Alors, justement, comme le revendique Philippe Girard, le directeur général de la filiale française basée à Sarcelles, JCB se trouve sur la plus haute marche du podium hexagonal avec 3 000 machines vendues en 2014 (sur 23 000). Même si l’agricole effectue une belle dégringolade de -28 % (après les années fastes 2012-2013), le secteur du BTP a permis à JCB une progression de 6 % notamment grâce à ses mini-pelles mais pas seulement, sa gamme "lourde" de chargeuses (de la 417 à la 457) a également rencontré un certain succès de même que ses pelles sur pneus et sur chenilles.
Pour 2015, on ne peut pas dire que le directeur général de JCB France soit d’un fol optimisme. Il entrevoit même une baisse de l’ordre de 5 à 10 % au vu de ce qui se dessine au premier trimestre. Malgré tout, les perspectives qu’il entrevoit pour le second semestre semblent plus réjouissantes, notamment dans le secteur du bâtiment. « Il est donc important de renforcer notre position » constate Philippe Girard qui ne cache pas qu’il fera tout ce qui est en son pouvoir pour que le vent pousse du côté des mises en chantier et des grands travaux.

Stratégie offensive

Mini-pelle de 10 tonnes et motobasculeur (dumper)
de 6 tonnes, deux des outils de croissance
mis en place par JCB [EMD]
À l’appui de cette stratégie, celui-ci annonce d’ailleurs l’ouverture d’une nouvelle succursale de distribution en Île-de-France, à Villeneuve-le-Comte (77) et le transfert dans de nouveaux locaux de Colvemat en Alsace. En France, le constructeur compte également sur l’innovation et le développement de nouveaux produits et services comme "LiveLink", un suivi à distance qui non seulement permet de pister les machines en cas de vol mais aussi de gérer plus efficacement sa flotte (un point important pour les loueurs).
Toujours du côté de Rocester en cette mi-mars, JCB avait choisi de présenter quelques nouveautés. Même si ces dernières n’ont qu’un très lointain rapport avec le monde de l’industrie extractive puisque l’on est ici dans le domaine des "petites" machines, elles montrent la volonté du constructeur d’occuper de nombreuses cases de l’échiquier.
C’est ainsi que Christophe Lecarpentier, directeur marketing de JCB France dévoilait officiellement, dans le très discret et surveillé "Innovation Center", la toute nouvelle 90Z-1, une mini-pelle urbaine à zéro déport de 9 tonnes qui s’ajoute à la 100C-1 de 10 tonnes, à déport conventionnel, déjà présentée en septembre. Christophe Lecarpentier présentait également la nouvelle gamme de motobasculeurs, dénommés ici dumpers au risque de la confusion, avec 13 modèles de 1 à 13 tonnes.

Gamme lourde mais pas trop

Lord Bamford, en compagnie de son fils Jo,
et son permis "trois volets" de la République Française ! [EMD]
Bon, ces machines ne sont pas la tasse de thé du carrier mais il en est d’autres comme les pelles JS300 (30 tonnes) ou chargeuses 457. Ces dernières ont déjà été présentées dans un article précédent voici quelques mois mais la question que l’on pouvait se poser est de savoir si le constructeur avait l’intention de monter dans les tonnages. Apparemment, Lord Anthony Bamford, qui préside aux destinées de JCB, regarde plutôt ailleurs. Il ne va d’ailleurs pas hésiter à investir 180 millions d’euros cette année en Grande-Bretagne pour améliorer ses unités de production et crée en outre une nouvelle usine en Inde. Ce qui ne l’empêche pas une nouvelle fois de proclamer son attachement à la France et au marché français en exhibant une pièce unique : le permis de conduire hexagonal obtenu en 1965 lorsqu’il faisait ses "classes" de ce côté du Channel !
Mais pour 2015, c’est décidé, Lord Bamford ne fera pas salon à Intermat…

Éric Massy-Delhotel

mardi 9 décembre 2014

Musée de la mine : Couriot dans son jus

À Saint-Étienne, les responsables du Parc-musée de la mine Couriot ne s'imaginent absolument pas sur le Strip de Las Vegas. Ici, malgré les nouveaux aménagements, pas de toc ripoliné donnant la fausse apparence du vrai. On réaménage en respectant la mémoire et la poussière des anciens pour expliquer la fabuleuse histoire industrielle et minière du bassin.

Loin du Strip de Las Vegas… et pourtant c'est chouette une mine la nuit ! [Photo Pierre Grasset]
Détaillant ce qui a changé à Couriot, Philippe Peyre, directeur du "Parc-musée de la mine" (nom officiel) explique que son équipe n'a pas voulu faire ici un parcours de golf tout propret mais sans âme : "Il fallait des éléments de compréhension, d'explication et d'émotion". D'où les trois grands nouveaux espaces d'exposition. L'un consacré à la figure du mineur, le suivant consacré à l'aventure industrielle de Couriot et un troisième qui fait le lien entre l'activité minière et le territoire stéphanois. En cette veille de Sainte-Barbe (fête des mineurs), on inaugurait donc ce "Nouveau Couriot".

Un abandon profitable

Mathilde Lourmet [Photo EMD]
Mais avant de revenir sur les nouveaux éléments du site… et aussi sur les anciens, Mathilde Lourmet, chef de projet du Parc-musée donne quelques clés pour mieux comprendre ce qui fait l'originalité du lieu. En effet, le site est resté abandonné relativement longtemps. C'est paradoxalement une chance puisque de nombreux espaces sont ainsi restés "dans leur jus". Il a dès lors été possible de redécouvrir ces lieux avec plus de recul et une meilleure approche. De nouvelles études ont ainsi commencé au début du siècle. En effet, si le musée de la mine proprement dit a été ouvert en 1991, avec notamment une reconstitution souterraine de l'exploitation du fond, le reste du site avait été quelque peu laissé à l'abandon par la ville, accueillant même une décharge sauvage, voire un campement de gens du voyage en bas du "plâtre" (le carreau en langage stéphanois). "Le musée se trouvait isolé et on était face à un espace qui n'était pas du tout approprié" constate M. Lourmet.
Ces études entamées dans les années 2000 avaient donc pour objectif de rattacher le musée à la ville tout en conservant ce qui fait son charme et sa force, c'est-à-dire qu'il ne fallait pas non plus que la ville l'envahisse. Un marché de définition était alors lancé et c'est finalement le cabinet Gautier+Conquet qui devait être désigné en 2010 avec un projet assez simple qui visait à associer ce lieu d'équipement culturel avec tout ce qui se situait alentour. Ainsi, le parc et le musée fonctionnent comme un seul ensemble, ce qui n'était pas véritablement perçu au départ. Enfin, M. Lourmet précise que le maître d'ouvrage avait insisté dès le départ sur une intervention délicate et réversible qui ne modifie pas profondément l'existant. Il fallait ainsi pouvoir développer des usages contemporains tout en conservant l'émotion qui se dégage du site.

Une ville marquée

Philippe Peyre [Photo EMD]
Ph. Peyre fait remarquer de son côté que la ville est très fortement marquée par cette aventure minière qui a duré un peu plus de six siècles. Mis en service fin 1919 par la société des Mines de la Loire, le puits Couriot a longtemps été le puits le plus puissant du bassin. Ces installations occupaient plusieurs dizaines d’hectares à Couriot et à ses abords. À la fin des années 1930, le puits remontait 900 000 tonnes de charbon par an, soit le quart de la production du bassin, et employait plus de 1 000 mineurs. En sommeil à partir de 1965 avec la concentration de l'extraction sur le puits Pigeot à La Ricamarie, au sud-ouest, Couriot fermait définitivement en 1973, dix ans avant la fermeture totale du bassin.
Depuis, le chevalement et ses deux "crassiers" (terrils), les premiers en France à être classés au titre des Monuments historiques, dominent la ville, juste au-delà du boulevard urbain et de la ligne de chemin de fer vers Le Puy, entourés d’un vaste espace dorénavant dégagé où abondent les traces de la mine où la végétation a, pour partie, repris ses droits.
Le directeur du parc-musée n'hésite pas à affirmer que le territoire stéphanois a été l'un des bastions du grand développement industriel français. Tout cela s'est déroulé dans un contexte dominé d'un côté par la proximité de Lyon, espace marchand européen par excellence et de l'autre par l'affirmation de l'État-Nation en France aux 18e et 19e siècles, tout cela dans un pays faiblement doté en charbon et dont les principaux bassins étaient dangereusement situés près des frontières du Nord et de l'Est. Cette situation va favoriser le gisement stéphanois en outre situé sur la ligne de partage des eaux, entre Atlantique et Méditerranée. La région stéphanoise va ainsi devenir une grande base arrière de développement industriel et militaire quasiment jusqu'aux années cinquante.
Le site de Couriot présente quant à lui une proximité remarquable avec la ville, se trouvant à sept minutes à pied de la place de l'Hôtel de Ville. C'est aussi un jeune musée, né en 1991 autour d'une galerie minière reconstituée… Jeune comparé au musée d'Art et d'Industrie de St-Etienne qui remonte au 19e siècle ! Le musée Couriot est né quant à lui bien sûr de la fermeture de la mine, de son effacement,… mais aussi de l'initiative du maire communiste de l'époque (1977-1983), Joseph Sanguedolce. Pour la ville, ce moment était important car le territoire subissait alors d'importants chocs en raison de la transformation industrielle du pays dans les années quatre-vingt avec la fermeture de la mine certes mais aussi la fin de Manufrance, de Creusot-Loire,… "Mais c'est aussi un territoire qui a su rebondir et qui, au travers du design, est en train d'affirmer son renouvellement tout en ayant envie aussi d'affirmer sa singularité comme il l'avait fait au travers de l'aventure industrielle et minière" insiste Ph. Peyre.

Une équipe en immersion

Le musée de la mine proprement dit a été ouvert en 1991,
avec notamment une reconstitution de l'exploitation du fond
[Photo Éric Massy-Delhotel]
Désignée en 2010 à l’issue d’une procédure de marché de définition, la maîtrise d’œuvre est composée d’une équipe pluridisciplinaire dont le mandataire est l’agence d’architecture et d’urbanisme Gautier+Conquet (Dominique Gautier et Pascal Hendier), associés au paysagiste Michel Corajoud (Prix André Le Nôtre, grand prix national du paysage et de l’urbanisme), aux architectes du patrimoine Archipat (Laurent Volay) et aux muséographes de Scene. Récompensé par le trophée EDF Rhône-Alpes du Patrimoine Rhônalpin cette année, la mise en lumière du chevalement est l’œuvre de Cobalt. La signalétique et le graphisme ont été conçus par les designers stéphanois de l’Atelier Cahen&Gregori (+ P-N Bernard).
Pour Dominique Gautier, architecte, cela constitue une très belle aventure partagée par toute une équipe : "Nous nous sommes ainsi immergés dans un monde inconnu pour nous". Pour ce dernier, cette approche des mineurs et du monde souterrain s'est accompagnée de beaucoup d'émotion et aussi de beaucoup de passion. Il a commencé en 2009 un véritable travail de coproduction avec les services de la ville et les équipes du musée. Ils ont visité d'autres sites pour mieux comprendre ce qu'il convenait (ou pas) de faire. Les architectes du patrimoine sont en outre intervenus puisque, au même moment, l'ensemble du site était classé patrimoine historique. Bref, un véritable travail d'équipe au sens noble.
Dominique Gautier [Photo EMD]
Pour cet architecte, c'est un projet urbain qui a pris corps et pas seulement un musée. L'existant était déjà important et il a fait en sorte de recadrer le site, d'en avoir une vision globale à une échelle beaucoup plus large afin de produire une sorte de plan-guide à l'usage de ceux qui allaient y travailler : "Nous sommes sur un site qui couvre pratiquement 50 hectares, qui est relié de multiples manières aux quartiers et à la ville. Nous nous sommes donc interrogés sur la place des bâtiments existants dans l'avenir de ce site ainsi que sur l'interaction avec les infrastructures qui structurent l'environnement".
Chez Gautier+Conquet, on a eu aussi la volonté de voir émerger, autour des bâtiments existants, un parc urbain contemporain dessiné par Michel Corajoud. Pour les bâtiments, ces derniers se sont un instant posé la question de savoir s'il fallait ajouter des bâtiments contemporains. L'hypothèse n'a pas été retenue et c'est l'utilisation de l'existant qui a été privilégiée. Ainsi, les modules d'exposition se sont glissés dans les bâtiments, sortes de boîtes en bois autonomes qui permettent la conservation optimale des œuvres présentées. De même, la parti a été pris d'héberger l'ensemble des bureaux du personnel administratif dans ce qui était autrefois les bureaux des employés et ingénieurs de Couriot. Ont également été ouverts au public des bâtiments qui ne l'étaient pas mais en les laissant pratiquement dans leur jus, tels qu'ils ont été abandonnés dans les années soixante-dix.
Laurent Volay, architecte (Archipat), confirme cette volonté : "Le principe qui a été retenu est celui de garder l'aspect de témoignage des bâtiments tout en y incluant la muséographie contemporaine". L'objectif n'était pas de "restaurer" au sens habituel des monuments historiques mais de s'assurer d'une bonne restitution de la mémoire de l'activité industrielle que les bâtiments ont en eux. "Il y a donc une volonté d'avoir une expression architecturale la plus sobre possible pour laisser toute la place au patrimoine, qui est l'élément majeur, tout en assurant la sécurité du public" conclut L. Volay.

Glisser dans l'existant

Les modules d'exposition se sont glissés dans les bâtiments
existants,sortes de boîtes en bois autonomes
[Photo Éric Massy-Delhotel]
Alors, en dehors du parc, en quoi consistent les nouveaux aménagements ? Toutes les installations nécessaires à l’accueil du public et au développement des espaces d’exposition ont été glissées discrètement dans les espaces existants. Les deux nouveaux espaces majeurs d’exposition permanente, La grande aventure de Couriot et Six siècles d’aventure houillère, ont été aménagés dans l’ancienne grande chaufferie restée depuis longtemps sans machinerie. Des galeries en bois massif sombre et sobres y ont été simplement posées au sol, par respect des lieux, et abritent collections et dispositifs scénographiques dans les conditions climatiques adéquats.
La lumière vient des vitrines et des lutrins. Leurs dimensions et celle du grand audiovisuel, qui s’étire sur 20 mètres de long, se veulent le reflet de la puissance de la mine. La construction du parcours a été en permanence attentive à la qualité des lieux et aux points de vue qu’offre Couriot sur la ville. L’aménagement de la plate-forme haute qui conduit aux deux nouvelles salles patrimoniales profite de points de vue sur le chevalement et les collines environnantes. Le revêtement sombre des sols extérieurs accompagnent l’architecture des bâtiments mais aussi le vert de la végétation.
Placée dans la première lampisterie, la partie de l’exposition permanente consacrée à La figure du Mineur joue pour sa part d’une autre manière avec l’héritage. Ouverte sur la grande cour, elle donne à voir simultanément le Monument aux morts et aux victimes du devoir qui en occupe le centre, et l’allégorie du monde industriel qui se lève que constitue la reproduction du grand tableau de Jean-Paul Laurens, Les mineurs.

Encore des projets

Et pour demain ? Assurer le dialogue entre la vie contemporaine et l’emblème que constitue Couriot passe nécessairement par l’amélioration de son accès depuis la ville. Précédé d’un parvis prolongeant un espace urbain à requalifier, une passerelle desservant le parc et l’entrée du musée est à l’étude. Le parc attend également de nouveaux aménagements afin de le rendre plus accessible à pieds ou à bicyclette.
Demeure enfin la question de l’accès aux deux terrils. Les deux "mamelles" de Saint-Étienne sont aujourd’hui interdites d’accès en raison de la combustion spontanée des charbons résiduels qui persiste de nos jours. Une découverte guidée et sécurisée est cependant envisagée pour compléter l’ensemble singulier que constitue déjà le Parc-musée de la mine.
Enfin, la nouvelle mise en lumière quotidienne du puits qui a été récompensée par le trophée EDF Patrimoine Rhônalpin cet automne permettra dans l’avenir, grâce à un dispositif programmable, de passer des commandes artistiques.
Pour Couriot, l'aventure continue !

Éric Massy-Delhotel


vendredi 19 septembre 2014

Quarry party chez JCB

Le constructeur britannique JCB a organisé un grand show de présentation de ses nouveautés sur ses terres. Compte-rendu des principales attractions remarquées à cette occasion. Des détails complémentaires seront également publiés dans les revues "Mines & Carrières" et "Recyclage & Valorisation" éditées par la Société de l'industrie minérale (Sim). www.lasim.org

La carrière de Kevin, près de Rocester, centre d'essai et de
démonstration du constructeur [Photo ÉMD]
[Rocester, le 17 septembre 2014] Dans le monde des engins de chantier, on pourrait dire que le constructeur britannique JCB conserve toujours le charme du cottage raffiné face à la rusticité du ranch texan. C'est encore l'impression que l'on retire après la grande party organisée mi-septembre du côté de Rocester par l'entreprise familiale de Lord Bamford pour présenter les nouveautés de la marque. Bref, avec une météo exceptionnellement clémente pour la région, voici un résumé de ce qui a été offert à la curiosité des journalistes spécialisés.

Fauteuil Club

Tout d'abord, du côté des chargeuses sur pneus, c'est une nouvelle cabine dite "Command Plus" qui équipe la nouvelle mouture de la 457. Cette chargeuse est désormais animée par un moteur MTU Tier 4 Final de 7,7 l de cylindrée développant 258 ch. (193 kW), contre 250 ch. (186 kW) sur le modèle précédent, et ce en dépit d'une cylindrée plus faible. L'engin est équipé en standard d'un godet de 3,5 m3.
Mais c'est surtout la nouvelle cabine qui avait les honneurs de la présentation. C'est le premier modèle de la marque à recevoir cet équipement, sorte de cerise sur le pudding. La structure ROPS a été entièrement repensée. L'intérieur est particulièrement spacieux avec des surfaces vitrées généreuses. En effet, le chauffage, la ventilation et la clim ont été repositionnés en dehors de la structure principale pour gagner de la place. On trouve également des systèmes de réglage de la position de conduite sophistiqués qui interviennent tant au niveau des pédales que de la colonne de direction ajustable et des commandes hydrauliques montées sur un siège qui, en option, peut bénéficier d'une sellerie en cuir.
Le "silence" qui règne au volant de la 457
est véritablement remarquable [Photo ÉMD]
Tout cela est très cosy et très pratique "mais ce n'est pas fini" comme dit la publicité puisque l'on remarque dans le poste de conduite deux écrans LCD couleur, un premier sur la console centrale et un deuxième sur le montant de droite. Ce deuxième écran permet d'accéder aux menus d'exploitation de la chargeuse et contrôle la caméra de recul du véhicule. Enfin, le confort acoustique a été particulièrement soigné puisque le niveau sonore intérieur est donné à 67 dB(A). Pour avoir essayé la machine sur la carrière Kevin qui sert de site d'essai à JCB, on peut dire que le "silence" qui règne à son volant est véritablement remarquable.
Le constructeur indique par ailleurs que les petits modèles de sa gamme vont progressivement adopter cette nouvelle conception (environnement de l'opérateur amélioré, accès simplifié aux zones d'entretien régulier et niveaux de confort et de contrôle renforcés) au cours des prochains mois, à mesure que ces modèles évolueront vers des normes antipollution Tier 4 Final.

Chercher midi à 10 tonnes

Là, c'était une véritable nouveauté puisque la machine n'arrivera en France que dans le courant de la fin de l'année. On a ainsi pu assister au lancement, dans la gamme des pelles "midi", d'une machine de 10 tonnes de classe "C" (rayon arrière conventionnel). Selon le constructeur, cette montée en poids répond à une demande croissante des clients tant au Royaume-Uni, qu'en France et en Allemagne, voire aux États-Unis. En effet, pourquoi choisir une pelle midi de 10 tonnes et pas un modèle conventionnel de même niveau ? En fait, la conception déport pied de flèche de ce nouveau modèle offre un attrait supplémentaire pour l'utilisateur par rapport à une pelle sur chenilles de 13 tonnes traditionnelle, en particulier au niveau de l'accès aux sites confinés.
Cette pelle midi de 10 tonnes est une réponse à une
demande croissante des clients tant au Royaume-Uni,
qu'en France et en Allemagne, voire aux États-Unis
[Photo JCB]
La JCB 100C-1, c'est son nom, partage le même design que les nouvelles midi de la marque avec notamment un châssis inférieur en H entièrement repensé, de robustes capots en acier, un environnement opérateur relativement spacieux et un moteur Tier 4 Final offrant un meilleur rendement énergétique. C'est un diesel JCB fabriqué par Kohler qui développe 74 ch. (55 kW). On trouve également un distributeur hydraulique Bosch Rexroth et des moteurs d'orientation et de translation Nachi.
Avec un poids opérationnel de 9,5 t, la 100C-1 a la même largeur et la même hauteur à la cabine que la plus "petite" 86C-1, mais son déport arrière dépasse de 450 mm (soit 90 mm de plus que la 86C-1). En réalité, c'est sa forme qui permet d’accueillir un moteur plus puissant et une pompe hydraulique de plus grande capacité, ce qui signifie que la force d'arrachement au godet atteint 72,4 kN et celle du balancier, 42,3 kN.
Grâce à son ensemble flèche et balancier plus long, la nouvelle pelle offre une profondeur de fouille maxi de 4 628 mm, une hauteur de déversement de 5 603 mm et une portée au sol de 7 475 mm. Elle est également équipée d’un circuit hydraulique à réduction de pertes de charge breveté. Le pied de flèche, avec des paliers largement espacés, devrait bien garantir contre l'usure prématurée si l'on ajoute en plus des bagues bronze graphitées nécessitant un graissage toutes les 500 heures seulement. Par ailleurs, l’ensemble flèche balancier dispose de fixations de flexibles hydrauliques individuelles qui facilitent l'entretien et le remplacement. Deux circuits auxiliaires sont disponibles permettant aux opérateurs de programmer des paramètres de débit hydraulique individuels pour les équipements à partir du moniteur en cabine, de manière à changer rapidement et facilement les équipements commandés, tels que les marteaux-piqueurs et les grappins.
Et toujours le petit plus de JCB en matière de confort de l'opérateur… home sweet home ! La cabine développée en interne offre ainsi plus d'espace et de visibilité que les midi précédentes. Grâce à un nouveau système de climatisation, la cabine bénéficie d'une bien meilleure circulation de l'air pour un plus grand confort de l'opérateur et un désembuage rapide du pare-brise en hiver.

C'est du lourd

Pelle de 30 tonnes, la JS300 succède à la JS290
[Photo ÉMD]
Il y avait aussi des nouveautés dans les bonnes grosses pelles lors de la présentation dans la carrière de Kevin. Par exemple, dans la catégorie des 30 tonnes, la toute nouvelle JS300, qui remplace désormais la JS290. L'engin est animé par un moteur Isuzu de six cylindres de 216 ch. (161 kW) Tier 4 Intérim qui entraîne un double circuit hydraulique avec pompe à débit variable, commandé par le sélecteur de mode de travail JCB Smart Control. Ce dernier adapte automatiquement le mode de travail à mesure que l'on augmente le régime moteur. Associé à un ventilateur de refroidissement automatique avec entraînement hydraulique, ce système économise jusqu'à 5 % de carburant tout en réduisant aussi les émissions d'échappement.
Lorsqu'elle est équipée d'un balancier de 2,5 m et d'une flèche monobloc standard de 6,2 m, la pelle atteint une force de cavage au godet de 253,6 kN et une force de levage de 173,1 kN. La pelle bénéficie en outre d'une nouvelle géométrie de biellette qui accroît la profondeur de fouille (paroi verticale).
La nouvelle structure de la cabine optimise l'insonorisation et renforce la rigidité. Combinée au ventilateur de refroidissement automatique, cette structure réduit les niveaux de bruit intérieurs jusqu'à 70 dB(A). Côté confort, on reste dans la philosophie JCB avec un nouveau siège haut de gamme, un écran LCD couleur multifonctions de 7” facile à lire dans toutes les conditions d'éclairage et un dispositif de commutation remodelé pour commander la machine encore plus facilement.
La sélection des divers modes de puissance s'effectue plus aisément via une seule commande rotative intelligente. Au fur et à mesure de la rotation du sélecteur, le régime moteur augmente dans les quatre plages de puissances prédéfinies L à H+. La plage de puissances élevées est destinée à fournir la puissance requise pour les activités de terrassement intensives tandis que la plage Heavy Plus optimise le rendement de la pompe et du moteur. Pour utiliser la plage de puissances Heavy Plus, l'opérateur doit sélectionner un bouton + à côté du sélecteur rotatif, ce qui empêche toute activation accidentelle de celle-ci. Une fonction Power Boost est automatiquement proposée en mode L, tandis qu'elle ne peut être sélectionnée que manuellement dans les autres plages de puissances.
En outre, avec le système télématique LiveLink du constructeur, les gestionnaires et les propriétaires de flotte peuvent accéder à distance aux données d'exploitation et à la consommation de carburant de la machine.

À la niche

La 5CXWM pour les environnements difficiles
de traitement des déchets [Photo JCB]
JCB est surtout connu dans le grand public au travers de ses chargeuses-pelleteuses qui ont fait sa réputation. Or, ce n'est un secret pour personne, le marché de ce type d'engin est devenu "mature", comme on dit pudiquement, depuis belle lurette. Cela laisse entendre qu'ici le marché n'est pas des plus prometteurs mais cela ne signifie pas qu'il n'y a pas des "niches" pour entretenir l'espoir. Le traitement des déchets et le recyclage sont de ces niches que JCB soigne particulièrement avec sa gamme spécialisée Wastemaster (WM).
C'est donc dans cette gamme qu'on trouve désormais une chargeuse-pelleteuse 5CXWM, un modèle sur mesure pour les environnements difficiles de traitement des déchets. Grâce à sa capacité à utiliser une gamme complète d'équipements spécialisés, elle devient une machine idéale pour les centres de recyclage des ordures ménagères, les centres de transfert et les installations de tri, broyage ou mise en balles. Sa capacité à assurer diverses tâches élimine la nécessité d'utiliser d'autres machines telles qu'un chariot élévateur ou un transpalette, ce qui accroît encore davantage les économies.
Le nouveau modèle possède des stabilisateurs arrière plus longs et un châssis avant ou une benne multifonction avec un grappin sur la partie supérieure, équipés tous deux de stabilisateurs hydrauliques. Cette combinaison permet de surélever la machine et offre ainsi une visibilité exceptionnelle sur une benne ou un broyeur lors du compactage ou du chargement des matériaux avec une pince de tri, un godet à mâchoire ou un rouleau de compactage dédié.
D'autres équipements sont disponibles comme une pince de tri pour manipuler ou trier les déchets, des grappins à balles pour le chargement de balles ainsi qu'une balayeuse avec bac de ramassage pour l'entretien et le nettoyage des chantiers. Un cadre de levage à crochet pour la manutention des conteneurs et des bennes complète ce couteau suisse.
La gamme de godets spécifiques disponibles en option permet de réaliser de nombreuses tâches de retraitement de déchets. Du côté chargeur, les utilisateurs ont le choix entre une benne à grand volume, 6 en 1 ou une benne à grappin, en fonction de l'application et de la nature de la charge. Du côté pelle, un godet à mâchoire hydraulique, une pince de tri ou un grappin mécanique offrent de grandes capacités de manutention.
Le tout est animé par un moteur JCB EcoMAX de 109 ch. (81 kW) combiné au système Advanced EasyControl et à la transmission Powershift à 4 vitesses avec verrouillage du convertisseur de couple. La machine atteint une portée maximale de 7,10 mètres du côté pelle et ses commandes montées sur le siège de type pelle facilitent les opérations. Un modèle richement doté… selon la tradition des chargeuses-pelleteuses de la marque.

Au courant

Un groupe électrogène astucieux dans l'air du temps
[Photo ÉMD]
On le sait (ou on devrait le savoir), JCB est aussi un constructeur de groupes électrogènes. Et là aussi il y avait de la nouveauté en cette mi-septembre avec un modèle "hybride" dénommé Intelli-Hybrid. En effet, alors que les groupes électrogènes sont conçus pour répondre aux pics de charge d'une application, les sites hors réseau doivent souvent faire face à des besoins en énergie qui varient considérablement au cours de la journée, ce qui implique une utilisation peu efficace du groupe et une consommation de carburant excessive.
L'Intelli-Hybrid possède ainsi une série de cellules de batterie haute capacité à décharge poussée qui sont stockées dans la base de l'unité. Ces batteries sont chargées par le groupe électrogène pendant les périodes de charge élevée, lorsque le moteur tourne à sa puissance maximale. Pendant les périodes de faible charge, le moteur peut être arrêté tandis que les batteries continuent à fournir l'alimentation, ce qui accroît l'efficacité d'une manière similaire au système "start and stop" de certaines automobiles, tout en réduisant la consommation de carburant et les émissions.
En règle générale, un groupe électrogène de 100 kVA sur un chantier consomme jusqu'à 120 litres de carburant par jour en fonctionnant en faible charge, ce qui génère 340 kg de CO2. En arrêtant le moteur pendant 10 heures sur une période de 24 heures pour exploiter l'énergie de la batterie, il est possible d'économiser jusqu'à 40 litres de carburant par jour, tout en atteignant une diminution similaire du niveau d'émission. En outre, pendant que le groupe électrogène est alimenté par la batterie, généralement pendant la nuit, il ne fait pas de bruit, ce qui constitue une solution idéale en ville et en zone urbanisée. La diminution du nombre d'heures de fonctionnement du moteur va de pair avec un allongement de la période de service normale, ce qui réduit les frais d'entretien et le coût d'exploitation.
L'unité de base du groupe électrogène, alimentée par des moteurs JCB, renferme 24 cellules de batterie connectées à un variateur haute puissance. Ce variateur convertit l'énergie stockée à l'intérieur des batteries en tension secteur de 230 V 50 Hz ou 220 V 60 Hz. Les batteries sont chargées par trois chargeurs internes, mais peuvent aussi être chargées à l'aide d'une tension secteur via une prise d'entrée séparée pour une charge et un conditionnement à moindre coût. Les groupes électrogènes peuvent aussi être équipés de moteurs conformes au niveau d'émission IIIA pour le secteur de la location en Europe et peuvent être dotés d'une sortie 60 Hz le cas échéant.
Le système de batterie a également été installé en prévoyant l'intégration éventuelle ultérieure de sources d'énergie renouvelables telles que le vent et le soleil. Cela permettra de réduire davantage encore le coût d'exploitation des groupes électrogènes dès que ces autres sources d'énergie deviendront disponibles plus rapidement. Les batteries au gel étanches ne nécessitent pas d'entretien régulier et intègrent des ventilateurs de refroidissement qui minimisent l'accumulation de chaleur pendant la charge.

Et encore…

Cette présentation est loin d'être exhaustive puisque, lors de cette manifestation, de nouveaux modèles de chargeuses compactes, de pelles sur pneus et autres engins étaient mis en avant. Elle se limite ici, on l'aura compris, aux machines pouvant relativement intéresser le monde de l'industrie extractive ou celui du traitement des déchets.

Éric Massy-Delhotel

jeudi 4 septembre 2014

Pneus recyclés: changement de direction

On l'avait senti un peu las, le 22 mai dernier lors de l'anniversaire officiel des dix ans d'Aliapur. De fait, Éric Fabiew, le directeur général de l'organisme, se montrait peu optimiste face à la volonté de certains, au niveau gouvernemental, de placer la filière de recyclage des pneumatiques usagés sous agrément au 1er janvier 2020. Et cela n'a pas manqué, le 3 juillet, les députés votaient l'article 49 bis du projet de Loi sur l'économie sociale et solidaire qui confirmait cette "mise sous tutelle" d'une filière pour une fois sans problèmes majeurs. Les guerres de religion, on le sait, reposent largement sur le dogmatisme et font à coup sûr des ravages. On peut donc s'attendre à pas mal de dégâts dans le secteur.
Est-ce la raison (ou une des raisons) qui a précipité le mouvement ? Quoiqu'il en soit, un communiqué officiel annonçait le 3 septembre que le directeur général quitterait ses fonctions au début de l'année prochaine et serait remplacé par Hervé Domas. Ce dernier a rejoint l’entreprise le 1er septembre et succédera donc à Éric Fabiew qui achèvera ainsi une carrière de près de cinq décennies, dont la dernière a été consacrée à inventer, créer et développer la filière de valorisation des pneus usagés. Une période dont chacun pourra témoigner que ce ne fut pas une "promenade de santé" pour le dynamique et bouillant dirigeant.
Hervé Domas (à g.) et Éric Fabiew
Quant à Hervé Domas, quinquagénaire, jurassien d’origine et lyonnais depuis une quinzaine d’années, il est diplômé de l’École supérieure de Commerce de Clermont-Ferrand. En 1989, il entre dans le groupe Keolis (transport). "Il y a une similitude de philosophies entre le transport de voyageurs et l’activité d’Aliapur, note Hervé Domas : ce sont des entreprises privées qui assurent parfaitement des missions d’intérêt général. Le cap des dix ans d’existence que vient de passer la filière montre que tout est possible avec de la constance, de la ténacité et de la persévérance. Je suis heureux de rejoindre une équipe dont les membres viennent initialement d’horizons très divers mais qui partagent les valeurs d’effort et d’unité insufflées par Eric Fabiew".

Effectivement, pour Hervé Domas, qui prendra pleinement ses nouvelles fonctions courant janvier, tout est possible et il devra faire preuve d'une bonne résistance à l'usure.

lundi 30 juin 2014

Drones en carrière, start-up & take-off

Une toquade à la mode pour réalisateur de télévision en mal d'inspiration ? Pas que. Les drones font une apparition de plus en plus remarquée dans le monde industriel et aujourd'hui dans celui des carrières. La récente alliance entre Redbird, une start-up du vol télépiloté, et le vénérable groupe Monnoyeur laisse augurer des développements intéressants.


En mai dernier, Redbird, une start-up du drone civil à usage industriel et agricole, et le groupe Monnoyeur concluaient un accord. Celui-ci comprend en particulier une prise de participation en capital du groupe dans la jeune entreprise et vise à déployer une offre globale de services par drone pour la construction, les travaux Publics, et l’industrie minérale, notamment pour le suivi et l’optimisation des chantiers. Pour mieux faire connaissance avec des techniques et des services qui provoquent une petite révolution dans le monde de l'industrie extractive notamment, les deux partenaires avaient organisé en juin une envolée démonstrative au-dessus des terres de la SMBP au sud de Chartres.

Prendre de la hauteur

Emmanuel de Maistre, Redbird
Christian Laye, ses enfants et petits-enfants ont le calcaire de Beauce qui coule dans leurs veines depuis leur naissance. La SMBP l'exploite ici depuis 1978. La carrière produit annuellement 1,2 millions de tonnes essentiellement pour les marchés de la région parisienne et cette affaire familiale réalise un chiffre d'affaires de 25 millions d'euros avec 4 millions d'euros de fonds propres. Le PDG n'est pas peu fier d'ailleurs de sa dernière réalisation, une imposante installation qui traite chaque jour 1000 tonnes boues de lavage. Un investissement de quelque 6 millions d'euros sur lequel on reviendra plus tard.
Mais parfois, pour mieux gérer la terre, il faut prendre un peu de hauteur. C'est ainsi que l'arrivée dans le monde civil de ces petites machines volantes que sont les drones a donné des idées à une nouvelle génération d'entrepreneurs.
Comme l'explique Emmanuel de Maistre, co-fondateur et président de Redbird, son entreprise a été créée il y a un peu plus d'un an et demi. Cette "compagnie aérienne de drones civils" ainsi que l'indique son intitulé, se veut avant tout un fournisseur de services au travers de toutes les possibilités qu'offre sa flotte de machines à voilures fixe ou tournante (ailes ou rotors).
Les liens privilégiés qui se sont établis avec le groupe Monnoyeur devraient permettre à la start-up de s'affirmer dans ce secteur qui connait actuellement une expansion fulgurante. E. de Maistre fait d'ailleurs remarquer qu'il existe aujourd'hui plus de 650 sociétés présentes sur ce marché mais dont la très grande majorité (95 %) s'adresse au monde des médias et de l'audiovisuel.
Redbird opère ainsi une flotte complète d'"aéronefs télépilotés", autrement dit des drones. Ceux-ci sont équipés de capteurs destinés à modéliser et analyser l'environnement de travail direct des engins pour optimiser la production et assurer une sécurité optimale. Benjamin Hugonet, directeur commercial de Redbird, fait tout d'abord remarquer que, en matière d'acquisition de données géospatiales, la productivité du drone est très supérieure à une mesure depuis le sol (par exemple 120 points par mètre carré contre 5 environ). Les mesures réalisées en carrière touchent de nombreux domaines tant de la production que de la sécurité comme le suivi de front de taille, les cubatures, la caractérisation des pistes et leur érosion, les hauteurs de merlons,…
De fait, les drones réalisent le travail d'un géomètre ou d'un topographe de manière plus rapide, plus précise et plus sûre en limitant l'intervention humaine sur des sites parfois dangereux.

Tout est dans la mesure

Grégoire Arranz, Sitech, avec Ph. Monnoyeur (de dos)
On imagine donc toutes les possibilités qui s'offrent à l'exploitant de carrière ou de mine qui va pouvoir combiner données fournies par les matériels, par les drones… avec ses logiciels d'exploitation. D'ailleurs, Grégoire Arranz, le directeur général de Sitech (filiale de Bergerat Monnoyeur) qui commercialise du matériel topographique, de guidage d’engins et de gestion de flotte de machines, l'a bien compris. Le développement d'un partenariat avec Redbird dans ce domaine de l'acquisition de données et des systèmes d'information géographique arrive justement à point pour développer une activité de service complémentaire. En effet, l'équation économique a changé notamment dans le secteur des engins pour les mines et carrières où elle est de moins en moins liée au coût d'achat qui ne représente plus que 31 % alors que le carburant intervient pour 30 %, l'opérateur pour 24 % et la maintenance pour 15 %.
Il faut donc pouvoir fournir à l'entreprise cliente une partie de la solution en diminuant les coûts de production, en améliorant la sécurité et en diminuant l'impact carbone. La méthodologie de l'exploitant pourrait aujourd'hui se définir par cet acronyme anglo-saxon : DMAIC (pour define, mesure, analyze, improve, control). Et c'est dans le domaine de la mesure qu'une entreprise comme Redbird peut intervenir pour assurer à l'exploitant un fonctionnement pérenne de son matériel notamment en optimisant les éléments qui interagissent entre son site et son matériel. Cela peut même aller, grâce aux données recueillies, jusqu'à démontrer à ce client qu'une bonne méthode d'exploitation lui permettrait d'économiser l'emploi d'un tombereau sur son cycle de production !

Convaincre

Benjamin Hugonet, Redbird
Enfin, Philippe Monnoyeur, le nouveau directeur général de Bergerat Monnoyeur France, rappelait que si le groupe Monnoyeur a aujourd'hui 110 ans, son activité tournée essentiellement vers la distribution de biens d'équipement, la location et l'énergie lui permet de prétendre à une éternelle jeunesse comme le prouve cette coopération dans les drones. Le groupe est présent en France, bien sûr, mais aussi en Belgique, en Pologne, en Croatie, en Roumanie et en Algérie. Il réalise un chiffre d'affaires de 1,5 milliards d'euros dont 40 % à l'étranger. Il est à noter que l'activité de l'entité Bergerat Monnoyeur représente à elle seule 71 % de ce chiffre d'affaires.
Alors cette association avec Redbird symbolise la volonté du groupe d'être à la recherche d’opportunités de développement au travers notamment de solutions innovantes permettant d'améliorer la productivité de sa clientèle. Redbird est l'exemple type d'une start-up qui propose des solutions avec des technologies totalement originales dans le domaine de l'acquisition de données dans un environnement de production.
Reste à convaincre les carriers. Christian Laye, lors de la démonstration, avait le sourire… mais on le sait dur en affaires !


Éric Massy-Delhotel